bambou, eucalyptus, microfibre ou coton bio ?

Depuis quelques années, de nombreuses créatrices confectionnent des lingettes lavables pour la vente ou pour leur usage personnel. En tant que spécialiste, nous sommes très souvent surpris par le choix des matériaux. Aussi, il nous a semblé opportun de faire le point sur les différents tissus.

Tout d’abord, voyons ensemble quelles doivent être les qualités essentielles d’une lingette lavable.
  • Pour être écologique, le tissu doit pouvoir être lavé un certain nombre de fois avant de partir au compost.
  • Pour être efficace, il doit avoir une fibre très fine, intermédiaire entre la microfibre et le tissu en éponge de coton.
  • pour respecter la peau, il doit être très doux.
Allons plus loin et posons nous la question: ce tissu est-il respectueux de l’environnement?

Sur ce point, internet regorge d’informations et d’erreurs reprises de sites en blogs et de blogs en sites. Nous ferons un point.

  1. Commençons par commencement: le coton conventionnel

    • L’éponge de coton

L’éponge de coton a une fibre relativement grosse qui s’épaissit au fur et à mesure des lavages. Il en résulte une  faible efficacité car elle est incapable de démaquiller en finesse. Pour le compost, attention! Les teintures ne sont pas toujours très respectueuses de l’environnement. Leur décomposition pourraient abîmer la qualité de votre terre.

  • Les cotonnades

Quel beau moyen de recycler ses vieilles chutes de tissu ou ses vieux vêtements en coton! Eh bien, sachez qu’il s’agit d’une fausse bonne idée. Les cotonnades fleuries ou à motifs sont certes très jolies mais pas très respectueuses de la peau. Dans certains cas, elles s’avèrent totalement inefficaces, dans d’autres elles agissent comme de la toile emeri.  En un mot: abstenez-vous. Vous risquez d’être tellement déçue que vous reviendrez au coton jetable, plus efficace.

  • Empreinte écologique

Le coton conventionnel est une catastrophe écologique. 1/4 des pesticides mondiaux, destructions des sols (et de la mer d’Aral!), exploitation des hommes, traitements avec du chlore et teintures pouvant contenir des métaux lourds comme le chrome, en contact avec votre peau.

Le coton biologique

Comme son homologue conventionnel, la fibre est trop épaisse pour démaquiller en finesse. Par ailleurs, il faut savoir que tous les exploitants ne vivent pas de cette culture. Produire du coton bio est réservé à certaines régions du monde au niveau du climat et des sols. L’aspect financier des labels est aussi un frein pour les petits producteurs.

En points positifs, notons une production sans engrais chimiques, du blanchiment sans chlore, des teintures propres et un compostage sans risque pour les sols.

Ce tissu constitue une grosse avancée par rapport au coton conventionnel mais sa production est encore trop restreinte pour le remplacer dans tous les domaines. Ses domaines d’excellence étant les tissus d’ameublement et quelques tissus d’habillement, laissons lui prendre la place du coton conventionnel dans ces secteurs.

la microfibre

Il existe pléthore de microfibres. Ce “tissu” 100% synthétique peut avoir de très bons résultats pour les peaux fabriquant du sébum mais ne doit pas être utilisée pour les peaux sèches et fragiles.

Contrairement aux idées reçues, la microfibre seule est insuffisante pour bien démaquiller. Avec un savon ou un produit adapté vous aurez de bons résultats.

Le produit peut être lavé tout en conservant ses propriétés mais n’est pas compostable.

Comme il existe une multitude de microfibres, nous ne pouvons détailler chacune d’elles. Sachez simplement qu’une microfibre conçue pour de la lingerie ne pourra pas être utilisée en lingette démaquillante lavable.

l’eucalyptus et le bambou

Le tissu en éponge d’eucalyptus et le tissu en éponge de bambou ont des propriétés très voisines. Comme il s’agit de fibres cellulosiques, elles suivent le même procédé de transformation, le procédé viscose.  L’eucalyptus est transformé “proprement” en Autriche alors que le bambou est transformé en Chine, en utilisant du disulfure de carbone, ce qui lui confère un aspect polluant. (eucalyptus 1, bambou 0).

En revanche, au niveau de la plante, l’eucalyptus est néfaste pour les sols et les rivières alors que le bambou est une véritable mine d’or. D’un côté vous avez un arbre qui cohabite mal avec les plantations vivrières, assèche les sols et détruit les cours d’eau alors que de l’autre côté, vous avez une graminée qui répare tous les dégâts causés par l’eucalyptus et le coton tout en apportant beaucoup d’oxygène à notre planète. (eucalyptus 1, bambou 1).

Côté humain, notons que la demande croissante pour le bambou permet et permettra à de nombreuses familles d’Asie et d’Afrique  d’avoir des revenus permettant de vivre. Côté eucalyptus, n’étant pas très apprécié par les cultures vivrières, il faut le limiter à certaines zones. Sinon, l’Afrique pourrait mourir de faim. (eucalyptus 1, bambou 2).

Notez aussi qu’il y a viscose de bambou et viscose de bambou. Il y a transformation propre en circuit fermé et transformation polluante, comme il y a teinture propre et teinture polluante.  La seule façon de les différencier et de regarder les labels dont bénéficient le produit que vous souhaitez acheter. Un label vegan qui prouve la traçabilité et la “propreté” du produit par exemple. (eucalyptus 1, bambou Fibao 3).

En conclusion, et vous l’aurez compris par vous-même, avant de vous  lancer dans la confection ou l’achat de lingettes lavables, réfléchissez au tissu et regardez aussi la démarche totale, sachant que rien n’est parfait, que quoi que nous fassions, nous polluons.

Chez Fibao, nous utilisons du bambou issu de forêts éco gérées, transformé en circuit fermé respectant les normes environnementales  iso 14000 et + , teint et tissé en Italie avant d’être coupé et confectionné en France avec du fil et des accessoires fabriqués en région lilloise. Nos produits ont une traçabilité qui leur permet d’être labellisés Vegan par la Peta et Slow cosmetique.

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