Sauvons les poumons de la terre

quand l'eucalyptus tue l'amazonieDepuis de nombreuses années, nous savons que la forêt amazonienne, 1er poumon de notre planète, ne cesse de rétrécir. Que ce soit pour l’élevage ou  la culture du soja, toutes les 10 secondes, la forêt amazonienne perdait l’équivalent d’un terrain de foot en 2011.

Pour tenter de stopper cette endémie, l’idée est venue de planter des forêts d’eucalyptus.

Conséquences des forêts d’eucalyptus en Amazonie

En 2014, Gert-Peter Bruch, président de l’association Planète Amazone, écrivait : « Quand on survole l’Amazonie, sur le chemin avant d’arriver aux terres Kayapos, on ne voit plus que des champs, des pâturages et des plantations d’eucalyptus ».

Plantations en AmazoniePour la première fois depuis cinq ans, la déforestation était à nouveau en augmentation au rythme de 2000 terrains de foot par jour.  Les forêts d’eucalyptus n’étaient qu’un leurre écologique. Le véritable objectif était de fournir du bois aux industries papetières et de récolter des produits dérivés pour l’industrie cosmétique mondiale. C’est la province du Cerrado qui en fait les frais.  Voici ce qu’écrivait un journaliste de Terre Sacrée en 2014.

“Environ deux tiers du Cerrado ont déjà été défrichés par l’industrie du soja, les élevages et les producteurs de charbon de bois. Depuis peu, un nouveau protagoniste participe aussi à sa destruction : le grand groupe papetier brésilien Suzano et ses monocultures d’eucalyptus. (…) Il  prévoit de planter 560 000 hectares d’eucalyptus dans cette région du nord-est du Brésil.
Selon le WRM, Suzano compte non seulement utiliser le bois d’eucalyptus dans ses usines à papier mais aussi pour accéder au lucratif marché de l’énergie. (…)
Les monocultures d’eucalyptus sont une catastrophe pour le Cerrado. Elles causent l’appauvrissement des sols et la chute du niveau des nappes phréatiques par leur énorme consommation en eau. Rares sont les plantes et animaux qui peuvent y vivre.”
Pire, le territoire voisin à ces forêts, le Cotopaxi , petit Eden équatorien où les terres agricoles étaient fertiles, se retrouve sinistré. L’eucalyptus est tellement gourmand en eau (20 à 40 l d’eau par jour) qu’il assèche les sols et les cours d’eau à une vitesse effrayante. Résultat, les agriculteurs de cette province qui cultivaient des haricots, des petits pois, du lupin Andin, des lentilles, des pois chiches, des graines de quinoa… sans pesticides sont obligés d’utiliser des pesticides pour des patates et du maïs.

Conséquences des forêts de bambou dans la région du bas fleuve

La région du bas fleuve, située en partie au Congo constitue le second poumon planétaire. Avec 2,1 millions de kilomètres carrés, la forêt tropicale du bassin du fleuve Congo représente 70 % des forêts africaines et 26 % des forêts tropicales du monde.

Malheureusement, ici comme ailleurs, la déforestation fait rage. Les causes sont principalement dues aux usages locaux tels que la culture sur brûlis, les coupes sauvages de bois pour usages domestiques ou les feux de brousse.

La solution ? Apprendre de nouveaux gestes

Parmi les initiatives pour sauver cette forêt, citons celle de l’ONG LECOBAF. Créée après la COP 21 dans le but de réduire urgemment les gaz à effet de serre, LECOBAF a décidé d’agir en utilisant les ressources naturelles de la région.

“Cette plante hors du commun, de par ses innombrables
potentialités comme ressource énergétique notamment,
et sa capacité de régénérescence est un atout majeur
dans l’accomplissement des objectifs de l’ONG.”

Le bambou, ressource renouvelable utilisable tant dans la construction que dans les besoins quotidiens des populations, pallie aux problèmes des coupes de bois pour usages domestiques.

Alternative au bois, la transformation du bambou en charbon permet d’alléger les charges financières des ménages congolais et de pallier à l’insuffisance ou la quasi absence d’électricité. Ce qui freine la déforestation.

Par ailleurs, l’ONG a choisi de former à ces nouvelles techniques des femmes et des jeunes sans emplois. Aujourd’hui ils peuvent en tirer des revenus.

Vous l’aurez compris, le bambou s’inscrit comme sauveur de la planète alors que l’eucalyptus est aussi destructeur que le coton conventionnel.

Pour plus d’information, nous vous invitons à visionner le témoignage des habitants de Lukula au Congo 

Sources

Cerrado farm community fights for life against dam and eucalyptus growers

www.terresacree.org

ishpingo.org

www.sauvonslaforet.org

worldbamboo.net